Chapitre 2 : Devil's eyes

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Je reviens avec une update ! Je sais que ce chapitre a été attendu et le Covid m'a empêché de le publier plus tôt !

J'espère qu'il vous plaira

L

ELIANA

Un mouvement de hanche à gauche, puis à droite, onduler, se pencher en avant, s'accroupir, glisser au sol, écarter les jambes, sourire, rejeter la tête en arrière, et remonter.

Alors que Man Down de Rihanna résonne sans préambule dans la pièce tamisée, elle répète ces mêmes pas en donnant aux regards affamés de quoi se délecter quelques minutes.

Je connais ses mouvements par cœur, mais elle me surprend à chaque fois. Sam est jeune, pourtant elle danse comme si elle faisait ça depuis des années, ce qui est plus inquiétant qu'impressionnant au vu de son âge.

Les clients sont déchaînés ce soir, le club est plein à craqué d'hommes et de femmes aux parfums de danger et aux effluves de liberté.

La loi n'opère pas ici, seule la démesure dompte la pièce en la soumettant aux règles de ceux qui y dépensent leur argent allègrement.

Ils se déplacent de tables en tables, s'éclipsent parfois, ou tracent de fines lignes blanches sur le bois vernis au tampon du bar. Les clients se succèdent et se ressemblent, commandent des boissons mais aussi de la drogue, parfois des femmes.

Au début, cette ambiance est assommante et presque tétanisante, puis elle devient habituelle, mais jamais réconfortante ou familière. Nous nous habituons aux théâtres de sang jusqu'à en faire abstraction, mais nous ne nous tentons jamais à nous imaginer faire complément partie de ce monde.

Trop l'ont idéalisé, à en crever.

L'argent pleut aux pieds de Samantha qui lance ses sourires les plus charmeurs à l'attroupement. Elle a mit ce masque sur son visage, celui qu'elle ne retire que pour pleurer lorsqu'elle quitte la scène.

Mes pieds me font souffrir, et je commence à avoir la tête qui tourne. Le service est électrique ce soir, je vacille entre l'humour lourd de certain, et le regard meurtrier d'autres.

- Éli ! Pourrais-tu prendre notre commande lorsque tu auras un moment ? Henry cris que presque pour couvrir la musique qui fait rage.

Je hoche rapidement la tête en déposant la bouteille de Jack à la table d'autres clients discutant affaires dans un nuage de fumée plus désagréable qu'autre chose. Stupide permission de fumer dans un espace clos.

Lorsque j'accours presque vers la table d'Henry et de ses collaborateurs, car ils ne sont probablement pas des amis, je remarque immédiatement que ma vessie s'apprête à exploser.

Les regards des hommes se posent sur moi comme si j'étais une pièce de viande taillée sur mesure pour des charognards. C'est la partie du job la plus compliquée, allumer des clients pour qu'ils consomment alors que la plupart sont âgés de plus de cinquante ans.

Je n'aime pas ça.

Mais je n'ai pas le choix.

Mon sourire ne s'estompe pas lorsque la main d'Henry se pose sur ma taille mais je déglutis un peu. Je n'apprécie pas cette proximité mais je ne peux me permettre de démissionner ou de protester. J'ai besoin de cet argent.

MADHOUSEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant