L'Irlande 2004 : un peu d'histoire

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L’Irlande 2004 : un peu d'histoire

Depuis notre retour de ce merveilleux voyage, tout comme avant notre départ, on nous a posé au moins une centaine de fois la question : « Pourquoi l’Irlande ? » 

D’abord, il y a la tête rousse de ma mère, tout comme celles de ses frères et sœurs, et ma mémoire d’enfance qui me rappelle que, souvent lorsque nous voyagions, elle passait pour une Irlandaise. De plus, elle et sa sœur Irène nous racontaient parfois l’histoire de cette femme apparentée à leur grand-mère qui aurait été connue sous le surnom de « la tante irlandaise ». Cette dernière parlait l’anglais et habitait les États-Unis. Il n’en fallait pas plus pour que mon imagination déjà fertile crée une fantaisie autour de ce mystère de famille et me pousse à en savoir plus sur ce territoire et les gens qui l’habitent.

Mon cœur de poète se gorgeait du spectacle qui s’immisçait dans mon cerveau quand je lisais au sujet de cette île appelée l’Émeraude. L’âme de photographe de Denis rêvait de croquer en images tous ces paysages reflétant une multitude de couleurs de mer, de terre et de verdure. Rien, même pas l’association du fait qu’il pleut énormément là-bas et de notre intention de coucher en camping, ne venait diminuer notre désir de visiter ce pays.

Cette aventure était motivée par cette passion que mon mari et moi partageons pour l’histoire de l’humanité, de la préhistoire jusqu’à la fin du moyen âge. La terre d’Irlande contient un large éventail d’évènements et de développements parfois violents des civilisations de ces époques. Lors de la planification du voyage, nous avons acquis une grande fascination pour ce peuple celte dont les nombreux vestiges existent encore partout sur l’île émeraude. Dans ma tête se mélangent des images de druides, de rois, de Saint-Patrick, de marins, de cultivateurs, de voyageurs, ainsi que de ravages à la suite de l’invasion normande. Nos lectures ont rendu ce pays comme un lieu de visite incontournable dans notre quête de connaissances sur l’histoire des anciens habitants de la planète.

Cette contrée intrigue par son audace et sa façon résiliente d’aborder la vie. Voici un exemple. À notre arrivée à Dublin, nous avons remarqué rapidement qu’il y avait interdiction de fumer dans les endroits publics y compris les bars et les pubs. En 2004, la décision devenait plutôt avant-gardiste alors que l’Europe entière résistait à l’imposition de ce type de restriction. Ébahis, nous regardions les gens s’adonner à leur dépendance sur le trottoir, dans la rue, sous la pluie ou en grelotant dans le froid. Nous avons d’abord cru que la ville de Dublin, à l’instar de Toronto et d’Ottawa, avait décrété cet interdit. Cependant, à la suite des discussions avec les Dublinois, nous avons constaté qu’il s’agissait d’une loi que le Parlement national avait votée le 21 mars 2004, quelques mois seulement avant notre arrivée.

La République d’Irlande devenait ainsi le premier état, en Europe comme sur la scène mondiale, à bannir le fumage dans ses lieux publics. Le pays n’était-il pas considéré comme étant pauvre ? Le taux de chômage est tellement élevé que les jeunes doivent s’expatrier pour trouver de l’emploi. Les sujets économiques et sociaux d’importance ne manquaient donc pas pour les débats au Parlement. Le fait que ce peuple ait pris le temps de se voter une loi qui protège autant la santé de ses citoyens reste plutôt étonnant. Cela démontre, à tout le moins, que les Irlandais n’ont pas froid aux yeux et portent des gestes concrets pour le bien-être de leur société sans se soucier de l’opinion internationale. Bravo !

Bien sûr, ces gens au caractère bouillant ont contesté. Particulièrement, les propriétaires de pubs croyaient, à tort, que l’achalandage et la consommation d’alcool diminueraient considérablement à la suite de cette loi. Pour ma part, surtout après cette visite fort éloquente, je réalise qu’on vendra autant de Guinness. Plutôt, les clients la boiront plus vite ou prendront plus souvent une pause pour aller « en fumer une dehors ». Le gouvernement s’attendait d’ailleurs à cette résistance générale. Les amendes pour les récalcitrants, les citoyens contrevenants comme les établissements publics, sont salées. La loi prévoit même des peines de prison. La contestation ne devrait pas durer très longtemps. Par contre, on peut conclure que les Irlandais ne cesseront pas de fumer pour autant. Fidèles à leur manière de s’adapter à toutes circonstances, de par leur cœur de rebelles, ils trouveront des moyens différents pour continuer de savourer leurs cigarettes et cigares.

Deux Québécois en vadrouille en IrlandeLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant