J'aime les magazines, j'aime beaucoup ça. Plus que les livres même. Car je suis un amoureux des images. Dans un magazine, il y a le texte et il y a l'illustration pour s'évader en prime. Je pourrais également vous parler de bande dessinée, mais ce n'est pas tout à fait pareil. Les magazines ont ce côté régulier, métronomique. S'offrir un magazine, à l'époque où Internet n'existait pas, c'était ouvrir d'un coup une fenêtre sur l'avenir ou l'ailleurs, et plonger dans autant de textes et d'images dans lesquels se projeter.
Je ne vais pas vous faire tout l'historique. Disons simplement qu'au moment où j'ai eu ma première console, j'étais encore abonné au Journal de Mickey. J'étais venu chercher mes derniers exemplaires chez mes amis d'enfance Delphine et Valentin qui avaient trouvé un tuyau pour un abonnement à prix cassé. Le jour où je suis allé chercher mon dernier numéro, leur mère me demanda alors de ne plus jamais revenir chez eux. Sa demande fut corroborée par mes parents, sans que je n'en sache la raison. C'est ainsi que je mis un terme à ma petite enfance. Ce n'est pas de ce pont-là que je souhaite ici vous parler.
L'abonnement, ce n'était de toutes façons pas comme l'achat régulier chez le marchand de journaux. Longtemps, j'ai régulièrement été chercher mon journal dans le village voisin à quelques kilomètres. A l'occasion de mes cours de violon forcés et hebdomadaires, je pouvais facilement me le procurer. C'était en quelque sorte, après chaque session de torture musicale, mon lot de consolation. Je me souviens même de cette semaine de l'hiver 91 alors que j'étais âgé de 10 ans. Plus aucune voiture ne pouvait circuler, le cours de violon avait en conséquence été annulé. J'avais bravé la neige à pied, sur 3km aller et 3km retour, pour aller me procurer le numéro de la semaine. Il était hors de question de laisser un trou dans ma collection. Sur ce numéro, Mickey était couvert de bandelettes en couverture, il y était question d'homme invisible. Ce numéro-là, je l'avais "mérité", j'avais été le chercher envers et contre tout.
A l'occasion, dans ces magazines pour enfants, il y avait quelques publicités pour des petites choses, pour quelques francs à peine. Je me souviens avoir acheté ainsi par correspondance un début de collection de timbres à 2 francs, une dépense franchement inutile mais totalement indolore. Il y avait également eu cette collection de fiches sur les dinosaures. J'adorais les dinosaures. L'idée même qu'à un moment donné, il y ait eu des monstres reptiliens qui peuplaient la terre me fascinait. On s'imagine toujours des histoires d'extra-terrestres humanoïdes, peut-être à raison. Peut-être la position debout est la seule façon pour un règne animal, quel qu'il soit, d'augmenter la taille de son cerveau tout en se libérant les mains pour créer, et d'accéder à la conscience. Mais ne serait-ce que sur notre Terre, il y a 65 millions d'années, la vie n'avait aucun rapport avec l'humanité.
Le prix d'appel était dérisoire. Pour quelques pièces à peine, nous avions une belle boîte en carton pour ranger des fiches à collectionner. Il y avait en prime un assemblage de bois formant un squelette de T-Rex. J'aime bien collectionner, vous l'aurez déjà compris. L'objectif était d'entrainer les enfants dans une vente régulière qui s'avérait très rentable sur la durée. Les mois suivants, nous ne recevions que quelques fiches cartonnées pour un prix bien plus conséquent. Faute de moyens, j'avais dû stopper tout cela très rapidement, pensant reprendre cette collection plus tard. Ce que je ne fis jamais.
Il y avait également eu cette revue sur l'astrologie que Maman s'était procurée. Chaque numéro était dédié à l'un des douze signes du zodiaque. Tous ceux de ma génération voient déjà ce que l'enfant que j'étais y a retrouvé. De mon côté, je me passionnais comme tous les gamins de mon âge pour les Chevaliers du zodiaque à la télé. Ces douze magazines qui reprenaient les constellations et quelques attributs visuels des chevaliers m'avaient bien attiré l'œil. La maquette était belle, les images étaient magnifiques. Bien entendu le contenu littéraire n'avait qu'un rapport très distant avec mon dessin animé préféré. J'avais laissé de côté le texte. Je n'ai jamais vraiment compris l'intérêt de l'astrologie.
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Manette au poing
NouvellesJ'aime les jeux-vidéo. C'est ma plus grande passion. De mes premières découvertes à l'envie de dépasser le simple statut de joueur, cette passion a profondément marqué ma vie. Au travers de différentes nouvelles, j'ai souhaité vous raconter celà. Ch...
