chap : 76 ( fin )

Depuis le début

— Nous sommes ici parce que tu as accepté d'y être, harrold . Et parce que tu m'as fui tout à l'heure. Je vais te frapper six fois, et tu vas compter les coups avec moi. Et merde, il s'y met, oui ou non ? Il fait toujours tout un plat de mes punitions. Je lève les yeux au ciel, sachant très bien qu'il ne peut pas me voir. Il me trousse. Bizarrement, ça me semble plus impudique que la nudité. Il caresse doucement mon cul, passant sa main tiède sur mes fesses jusqu'en haut de mes cuisses.

— Je fais ça pour que tu te rappels de ne pas me fuir. Même si ça m'a excité, je ne veux plus jamais que tu me fuies. L'ironie de la situation ne m'échappe pas. Si je m'enfuyais, c'était précisément pour éviter cela. Alors que s'il m'avait ouvert les bras, j'aurais accouru vers lui.

— Et tu as levé les yeux au ciel. Tu sais ce que je pense de ça. Tout d'un coup, sa voix n'est plus angoissée. Il est revenu de cet endroit où il s'était égaré. Je le devine à son ton, à la façon dont il pose les doigts sur mon dos pour me maintenir - son humeur s'est transformée. Je ferme les yeux pour me préparer au premier coup. Lorsqu'il s'abat violemment sur mes fesses, la morsure de la ceinture est encore plus cuisante que je le redoutais. Je pousse un cri et aspire une grande goulée d'air.

— Compte !

— Un ! Mon cri ressemble à un juron. Il me frappe de nouveau. Putain de merde... ça brûle.

— Deux ! Ça fait du bien de hurler. Sa respiration est sifflante et irrégulière, alors que la mienne est presque inexistante. Je fouille mon esprit pour trouver ma force intérieure. La ceinture mord à nouveau ma chair.

— Trois ! Je ne peux pas m'empêcher de pleurer. Merde, c'est bien pire que je pensais, bien pire que la fessée. Il ne se retient pas.

— Quatre ! La ceinture m'a encore mordue, les larmes ruissèlent sur mon visage. Je ne veux pas pleurer. Je suis furieus de pleurer. Il me frappe encore.

— Cinq ! Ma voix n'est plus qu'un sanglot étranglé - en ce moment, je crois que je le déteste. Encore un coup. Encore un, ça va aller, je peux le supporter. Mon cul est en feu. Une douleur cinglante me déchire. Je chuchote :

— Six. Je l'entends lâcher la ceinture derrière moi. Il me prend dans ses bras, ahanant, compatissant... et je ne veux pas de lui.

— Lâche-moi... non... Je me débats pour m'arracher à son étreinte, je le repousse, je lutte contre lui.

— Ne me touche pas ! Je me redresse pour le dévisager. Il m'observe, les yeux écarquillés. J'essuie mes larmes du dos des deux mains, furieus, et je le fusil du regard.

— C'est ça que tu aimes ? Moi, comme ça ? Je m'essui le nez avec la manche de mon peignoir. Il me regarde, méfiant.

— Pauvre cinglé !

— Harry , plaide-t-il, choqué.

— Il n'y a pas d'harry ! Va te faire foutre puis soigner, Tomlinson !

Sur ce, je fais volte-face et sors de la salle de jeux en refermant la porte derrière moi. Je m'y adosse un instant, agrippé à la poignée. Où aller ? Je pars ? Je reste ? Hors de moi, j'essuie rageusement les larmes qui me brûlent les joues. Je n'ai qu'une envie, me rouler en boule. Récupérer. Guérir ma foi brisée. Comment ai-je pu être aussi stupide ? Évidemment que ça fait mal, je m'attendais à quoi ? D'une main hésitante, je me frotte les fesses. Aïe ! Ça brûle ! Je vais où ? Pas dans sa chambre... Mais dans la chambre qui sera la mienne, non, qui est la mienne... ou qui l'a été. Voilà pourquoi il voulait que je garde une chambre. Il savait qu'après je n'aurais aucune envie de le voir. Je m'y dirige, raide et endolori, sachant que louis peut m'y suivre à tout moment. La chambre est encore plongée dans l'obscurité ; l'aube ne fait que chuchoter au-dessus des immeubles. Je me couche tant bien que mal en prenant soin de ne pas m'assoir, sans retirer mon peignoir. Je le resserre autour de moi, je me roule en boule et je me laisse aller à sangloter dans mon oreiller. Qu'est-ce qui m'est passé par la tête ? Pourquoi l'ai-je laissé me faire ça ? Je voulais la nuit ; je voulais savoir jusqu'où ça pouvait aller - mais il fait trop noir pour moi dans son monde. Je n'y arriverai pas. Oui, c'est ça qu'il aime ; c'est comme ça qu'il s'éclate. Quel dur retour à la réalité. À sa décharge, il m'a avertie à maintes reprises de ne pas m'approcher de lui. Il n'est pas normal. Il a des besoins que je ne peux pas assouvir. Je le comprends maintenant. Je ne veux plus qu'il me traite comme ça, plus jamais. Je repense aux deux ou trois fois où il m'a frappée auparavant : il s'était retenu. Est-ce que ça pourrait lui suffire ? Je sanglote de plus belle dans l'oreiller. Je vais le perdre. Il ne voudra plus de moi si je ne peux pas lui donner ça. Pourquoi, pourquoi suis-je tombé amoureus de Cinquante Nuances ? Pourquoi ? Pourquoi pas de Liam , ou de Paul Clayton, ou de quelqu'un qui me ressemble ? Son regard de détresse quand je suis parti... Choqué par sa férocité, j'ai été trop cruel... Peut-il me pardonner ? Pourrais-je lui pardonner, moi ? Mes pensées partent dans tous les sens, ricochant à l'intérieur de mon crâne. Ma conscience secoue tristement la tête, ma déesse intérieure est aux abonnés absents. Quelle triste matinée. Je me sens tellement seul. Je veux ma maman. Je me rappelle ses mots à l'aéroport. « Écoute ton cœur, mon chéri, et s'il te plaît, s'il te plaît, essaie de ne pas trop réfléchir. Détends-toi, amuse-toi. Tu es tellement jeun, mon chou. Tu as encore tellement de choses à vivre. Laisse-toi aller. Tu mérites ce qu'il y a de mieux en tout. » J'ai écouté mon cœur : résultat, j'ai mal aux fesses et à l'âme. Il faut que je parte. Voilà... il faut que je le quitte. Il n'est pas bon pour moi, et je ne suis pas bonne pour lui. Comment est-ce que ça pourrait marcher entre nous ? L'idée de ne plus le revoir me fait suffoquer... mon Cinquante Nuances. J'entends le déclic de la porte. Il est là. Il pose quelque chose sur la table de chevet et le lit remue sous son poids quand il s'allonge près de moi.

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