Chapitre 5

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Je commençai a rougir. J'avais chaud jusqu'aux oreilles. Cette haine qui m'habitait commençait tranquillement à se dissiper. Je posai mon museau sur celui de Fléau avec douceur.

-" Et si on arrêtait tout? Et si on partait tous les deux? Et si on tournait le dos à la haine et la vengeance de nos vies passées?" Murmurais-je.

Il feula, mais quand son regard croisa le mien, il s'adoucit aussitôt.

-" Je suis désolée, ma Fleur, mais je ne peux pas abandonner cette vie où tous me craignent."

Je soupirai et détournai la tête, puis replongeai mon regard dans le sien.

-" D'accord. Je resterai avec toi quoi que tu fasses. Mais j'espère que tu as raison en disant que personne ne peux te battre. Car si tu reste ici, avec cette vie, crois moi, un nombre de chats voudront te confronter."
Miaulais-je en essayant de le convaincre.

-" Comment peux-tu douter de moi?"
Feula-t-il.

-" Je ne doute pas de toi, je dis juste que quelqu'un pourrait peut-être un jour te battre. Et ce jour, si il arrive, je ne saurai plus quoi faire..."
Murmurais-je.

Il comprit que ma colère était liée à notre amour et se calma aussitôt.

-" Fais moi confiance." Me chuchota-t-il dans l'oreille.

-" Je te fais confiance."

-" Viens, rentrons!"

Il me poussa légèrement de la queue vers la ville. Je lui touchai le museau avec tendresse et on partit côte à côte. Une fois arrivés devant la ruelle, je m'arrêtai.

-" Qu'y a-t-il?" Me demanda Fléau.

-" J'en ai assez que dès qu'on pénètre le repère, c'est comme si il ne se passait rien entre nous. Tu est le chef, ils vont te respecter! Impose tes choix!"

Il me fixa longuement.

-" Tu as raison. Viens dormir avec moi ce soir, ma Fleur." Murmura-t-il.

Toute heureuse, je lui fouettai l'oreille de ma queue avec malice avant de le suivre à l'intérieur. Les chats se tournèrent vers nous. Je me fit un peu distancer par Fléau et un autre matou s'approcha de moi en grognant.

-" Salut, petite fleur fragile. Tu es bien jolie pour habiter ici."

Je le foudroyai du regard ce qui le fit ricaner.

-" Oh oh! Elle a du caractère cette petite!"

-" Il faut bien, pour confronter une grosse brute comme toi! Maintenant ferme ta gueule et laisse moi."
Feulais-je.

Son regard s'assombrit. Il émit un grognement qui me fit sourire.

-" Oh, il est facile à contrarier le toutou!" Miaulais-je.

Il feula et se jeta sur moi. Tout le monde se retourna pour nous observer. Fléau s'apprêtait à venir donner une correction au matou quand, d'un regard, je lui fis comprendre que je pouvais me débrouiller seule. Il leva les yeux au ciel avec exaspération et resta en place. Je me dégageai facilement du matou qui essayait de me mordre la gorge. Je sautai sur son dos, le poussant à rouler au sol pour m'écraser. Mais je bondis au dernier instant, du côté où son ventre était dévoilé. Il eut à peine le temps de se rendre compte de mon manège que je lui ouvrit le ventre d'un mouvement vif et précis. Le sang coulait abondamment et le matou sombra dans l'ombre. Il regardait à présent le ciel sans le voir. Tout le monde l'observait, impassibles. Fléau s'avança vers moi.

-" Je t'avais dit de me laisser gérer."
Marmonnais-je.

-" Oui. Et j'ai bien fait de t'écouter! Maintenant, tout le monde sais que tu es redoutable!" Ronronna-t-il.

J'observai un instant mes pattes en sang avant de les frotte sur les dents de mon collier. Puis, Fléau et moi, on se dirigea vers sa litière. On se coucha côte à côte, fourrure contre fourrure. Je posai mon museau dans son pelage avant de m'endormir. Tout allait à merveille. Pourtant, je ne cessais de me demander: Est-ce que ça allait durer?

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