Chapitre 2

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Fléau m'entraina dans la ville. Il ne dis rien, à part des indications, comme saute ici, attention à ça...

On marcha longtemps, mes pattes commençaient a me faire mal. Puis il s'arrêta enfin. Il se tourna vers moi et on se fixa encore. Il ouvrit la bouche et d'une voix mielleuse, il miaula:

-" Bon. Ici, la loi, pour tous les chats qui n'ont pas de bipèdes, c'est celle-ci: Soit tu es avec moi, ou tu es contre moi. Si tu es avec moi, tu suis mes ordres. Si tu es contre moi eh bien... Tu meures.

-" Et si je décide d'être contre toi en sachant que je ne mourrai pas?" Rétorquais-je.

-" On ne sais jamais..." Rétorqua a son tour Fléau.

On s'observa. Le silence planait. Ses yeux bleus glacés reflétaient, pour la première fois depuis que je l'avais vu, autre chose que de la haine. Un sentiment si fort... Mais je ne sus dire lequel. Il détourna la tête, puis miaula:
-" Tu n'est pas comme les autres...

-" Les autres?

-" Oui. Les autres chats. Ils ont peur et croient tout ce que l'on raconte. Mais toi, non. Tu me tiens tête alors que tu sais que je pourrais te tuer. Pourquoi?

Je regardai dans le vide. Il se retourna vers moi, n'attendant visiblement aucune réponse, et posa le bout sa queue sur ma blessure au visage.

-" J'ai tué mon frère."Marmonnais-je.

Il n'eut aucune réaction, alors je continuai:
-" Il était très méchant avec moi. Il fallait que je face tout ce qu'il disait, et à ses yeux, j'étais une bonne a rien."

Cette fois, il réagit. Il tourna vers moi des yeux ahuris.

-" Viens!" Miaula-t-il simplement.

Je le suivis pendant qu'il m'emmenait a travers ruelles et champs. On s'arrêta enfin dans un petit boisé. Il me fit signe de m'asseoir, puis, il miaula:
-" Ici, personne ne pourra nous interrompre. Bon, je voulais te demander quelque chose. Ça ne m'est jamais arrivé et je trouve ça très étrange, mais je pense que j'ai confiance en toi... Tu me ressemble, et aucun chat n'avais osé me tenir tête avant toi. Si ils l'avaient fait, je les aurais tué... Mais toi, j'en suis... Incapable. Je vais donc être clair. Très clair avec toi: Je suis prêt à t'accueillir dans mon clan, le Clan du Sang."

-" Je ne sais pas... Si comme tu dis, tu n'est point capable de me tuer, alors je devrais en tirer a mon avantage et vivre en paix, non?" Miaulais-je avec malice.

Il me lança un regard dur comme la pierre. Ne plaisantai-t-il donc jamais? Surprise, je réparai mon erreur:
-"... Mais j'imagine que je pourrais essayer."

Il hocha sèchement la tête.

-" Bien." Marmonna-t-il.

Sa façon brusque de me parler ne me plaisais gère. Il détourna son regard et se plaqua au sol. Il avança en rampant vers une petite souris qui fouinais au loin. Je remuai les moustaches. Voyons un peu si il savais s'amuser, ce gros brute froid. Je bondis sur lui a l'instant où il allait attraper sa proie. Je le plaquai au sol mais il répliqua en feulant. Il roula sur le côté en m'emmenant avec lui. On déboula une petite colline et rendus en bas, il me lâcha et on s'effondra sur le sol, côte a côte. Je me mis a ronronner, amusée. Lui, il me lança un regard indécis, résistant a l'envie d'éclater d'amusement. Puis, son regard s'adoucit pour la première fois. Un beau regard bleu tendre. Il me donna un coup de patte rieur sur l'oreille avant de se lever et de me plaquer au sol a mon tour.

-" Tu m'as fait perdre ma proie!" Se plaignit-il avec un air faussement indigné.

-" Eh! C'est un oiseau comme une autre!" Ronronnais-je.

-" Une souris! Pas un oiseau!" S'exclamât-il.

Il posa doucement son museau sur ma cicatrice.

-" Tu m'as raconté ta vie... Et je crois que je pourrais en faire autant."

-" C'est vrai? Tu me racontera vraiment tout? Tu avais une famille? Des frères et sœurs?"

Il se redressa brusquement, les yeux a nouveau emplis de fureur. Il m'observa comme si il était prêt a me sauter dessus a tout instant. Voyant que je n'avais pas peur, il ne fit aucun geste et se détendît.

-" Oui, j'avais une famille. Viens t'asseoir." Marmonna-t-il.

Il n'était plus furieux, mais il ne s'était pas radoucit pour autant. Je hochai la tête et vint m'asseoir a côté de lui. Sa douce fourrure noire me frôla quand il s'assit confortablement. Il regarda au loin et je su que ce qu'il allais me dire était sérieux, et que c'était peut-être la raison de... Comment dire?... Sa froideur.

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