Vivre d'air pur et d'eau claire - Chapitre 1

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Après avoir préparé le repas du soir, Mayrane, une jeune femme aux longs cheveux noirs souhaita soulager son dos en s'asseyant sur le banc en bois de sa salle à manger. Alors qu'elle parvenait difficilement à maintenir sa tête droite en s'aidant de sa main gauche, les vérités constituant sa vie lui apparurent soudain, tel un coup de fouet en plein visage. Car pour la première fois de son existence, elle remarqua que le banc sur lequel elle était assise ne cessait de grincer. En y glissant doucement sa main, elle sentit, par sa surface râpeuse, que celui-ci était plein d'égratignures. De même, elle réalisa que la plupart des meubles faisant partie de son habitation se trouvaient, eux aussi, en piteux état: sa table à manger tenait difficilement sur des pieds raccommodés, alors que les placards présentent, pour la plupart, pas de porte. Aussi, le tiroir de sa cuisine avait pour poignée une petite cordelette nouée qui, incontestablement, remplissait parfaitement sa fonction. Finalement, elle n'eut pas de mal à constater que le plan de travail de sa cuisine commençait à se fissurer sur sa base, et qu'il était sur le point de s'effondrer.

Alors qu'elle venait d'admettre que son habitacle tenait debout grâce à des rafistolages, elle ne put s'empêcher d'analyser son état général. Plongée dans une certaine obscurité alors qu'il faisait plein soleil dehors, elle réalisa que la lumière naturelle avait du mal à se frayer un chemin au travers de la petite fenêtre lui faisant face, certainement à cause des griffures et des traces de boue séchée la recouvrant. De même, elle releva qu'en plus d'une décoration datée, les murs jaunissants de son foyer étaient parsemés d'éclaboussures de graisses.

En faisant cet état des lieux, Mayrane eut du mal à rester de marbre. Car indéniablement, ce décor n'était pas agréable à regarder, et pouvait même devenir dangereux si des réparations effectuées pas entreprises à temps. Pourtant, Mayrane essayait de rester positif. En effet, elle se disait que ce qui se trouvait sous ses yeux signifiait seulement que cet endroit avait donné naissance à de nombreux moments, de joie souvent, et de tristesse parfois. Toutes ces imperfections étaient la preuve que ce toit avait permis d'accueillir des événements de vie, et ce, durant de longues années. Au fond, cette petite femme de vingt-trois ans était consciente qu'elle n'avait pas à se plaindre de vivre dans un tel endroit, car elle savait que de nombreux habitants avaient pas eu la chance, eux, de voir vieillir leur maison.

Après avoir examiné cet intérieur pas des plus apaisant, Mayrane détourna son regard de l'habitacle et se mit à contempler, avec admiration, son fils unique de deux ans, prénommé Lohan. Indéniablement, la mère de famille le cultiver extrêmement beau, malgré la grosse tache de naissance rouge que portait son petit nez. De même, elle produit adorables ses grands yeux noirs, tout ronds, et ses petites joues bouffies. En le là surprenant, assis sur le plancher en train de manier le crayon et de dessiner avec une certaine dextérité pour son jeune âge, la maman était certaine qu'il aurait l'étoffe d'un grand artiste, dans un monde plus heureux. Le remarquable alors tout à fait serein dans son univers paisible de petit garçon, elle réalisa qu'il ne soupçonnait pas encore dans quel monde trouble il était en train de vivre. RÉ'

De son jeune âge, Lohan ne partait pas avec des avantages; son père l'ayant abandonné comme on pouvait abandonner un pauvre animal. Cela n'avait rien de joyeux, certes. Mais s'il ne fait que de ça, Mayrane aurait pas été aussi inquiète. Car de par l'héritage que ses ancêtres ont bien voulu lui laisser, Lohan était en train de grandir dans un monde de plus en plus préoccupant, et de plus en plus incertain. Les catastrophes s'enchaînaient en ville, tout comme dans le reste du monde. Mais surtout, de nombreuses personnes mouraient dans des conditions sordides. Et d'année en année, la situation ne s'améliorait pas, bien au contraire. Pourtant, malgré toutes ces infortunes, Mayrane avait envie de croire aux belles paroles du nouveau parti politique arrivé au pouvoir en cette année 2085. De toute façon,

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