V : Des changements radicaux

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PDV Jayden :

Je suis revenu à moi, mais je ne peux rien faire. J'ai tellement mal que l'entièreté de mon corps est engourdi. Je n'arrive pas à bouger, pas à parler, pas à voir non plus.

Quand j'ai réussi à ouvrir mes yeux à nouveau, j'étais toujours dans cette petite pièce sombre emplie de l'odeur de mon sang, mais cette fois-ci, j'étais seul.

J'ai l'impression que mon corps brûle de l'intérieur, l'impression de mourir à petit feu, de me consummer doucement. Le silence règne, j'ai du mal à croire que nous sommes encore au lycée. Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé depuis que j'ai été attaqué, mais je ne suis pas sûr de pouvoir tenir encore longtemps. Je vais mourrir.

Soudain, la sonnerie retentit. Mes oreilles se déchirent sous le son strident. Je ne l'avais jamais entendu avec autant de force et le son aigu résonne dans ma tête, me faisant serrer les dents. Une vague de souffrance se propage dans mon corps alors que je me crispe douloureusement.

Il ne restait qu'une trentaine de minutes quand je suis sorti du cours plus tôt. Cela fait environ vingt minutes que j'agonise. Je ne sais pas comment j'ai pu tenir. 

Des élèves passent dans le couloir en criant et en chahutant, mais personne ne rentre dans la pièce et ce n'est pas une surprise. Le brouhaha qui me parvient du couloir ravive mon mal de crâne. J'aimerais prendre ma tête entre mes mains pour me boucher les oreilles mais j'en suis incapable. Je suis incapable du moindre mouvement. Je me demande comment j'ai fait pour tenir jusqu'ici. Chaques petites parcelles de ma peau me brulent, j'ai l'impression d'avoir les entrailles à l'air, même si je sais que si c'était le cas, je serais déjà mort. C'est comme si mon épaule blessée diffusait des vagues de douleurs dans tout mon bras et le côté droit de mon buste. Ma douleur qui se dégage de ma cheville m'indique que je ne suis pas près de pouvoir marcher. De toutes façons, là, je n'ai aucune envie de bouger, aucune envie d'être découvert par qui que ce soit car la plupart des gens de ce lycée pourraient en profiter pour me faire encore plus de mal. J'ai des ennemis ici et de toutes manières, je ne veux d'aide de la part de personne. Je me débrouille toujours tout seul. 

Je lutte pour rester conscient, devenant de plus en plus faible.

Même si je le voulais, je ne peux pas demander d'aide. De tous les gens derrière la porte, aucun ne me cherche. Je suis seul. Rien que respirer me lance. Mon cou me brule. Je ne peux même pas imaginer parler, seuls des gémissements presque inaudibles s'en échappent de ma bouche.

Ma vue se brouille à nouveau jusqu'à ce que je ne vois plus rien, malgré la légère lumière qui filtre par les interstices de la porte. Seuls des sons me sont perceptibles et ils me parviennent de plus en plus étouffés. J'ai l'impression qu'un poison enflammé coule dans mes veines.

Le vacarme ambiant s'interrompu d'un coup, calmant mon mal de crâne pour mon plus grand soulagement. C'était si soudain que j'avais cru que mon heure avait sonné et que j'étais simplement mort.

Brusquement un craquement retentit dans le silence et des bruits de pas se rapprochèrent avant de s'arrêter. Si mon cœur n'avait pas été aussi faible, il se serait affoler de peur. Je ne suis plus seul ici, c'est une certitude. Je me sens si exposé. Quelqu'un m'observe et je ne peux rien faire. Mes yeux sont ouverts, je le sens, mais je ne vois rien. Je peux bouger mes paupières et mes yeux, mais je ne vois rien ! Je commence à paniquer, est-ce que je suis réellement devenu aveugle ?! 

Je sens une main gelée me retourner doucement. J'ai tellement peur. Qui est là avec moi ? Et que va me faire cette personne ?

La personne ne bouge pas, mais je sais qu'elle est encore là, je sens sa présence. Je sais c'est bizarre dit comme ça, mais c'est réellement comme ça que je le vis. Je ressens de la vie à mes côtés. Et il y a quelque chose qui m'irrite, me dérange dans cette présence. Ça me prend au plus profond de moi et ça me met mal à l'aise. De la même manière, j'ai l'impression qu'un autre instinct, au lieu de la repousser, voudrait l'attirer encore plus près.

Mélange IncertainOù les histoires vivent. Découvrez maintenant