PDV Ashton :
Je me fraye difficilement un chemin à travers cette marée humaine pour finalement arriver devant la cabine du conducteur. Je toque à la porte. Rien. Pourtant, je sais que le conducteur est à l'intérieur, je l'entends. Je toque donc une seconde fois, quelque peu irrité d'être ignoré. Toujours aucune réponse.
Bon, il ne veut pas me répondre ? Pas de problème. Ce n'est pas ça qui va m'arrêter. Je pose la main sur la porte et commence à exercer une pression sur le battant, décidé à rentrer. Le verrou céde rapidement et avec l'élan, le battant claque violement contre le mur, faisant sursauter le conducteur et les citadins prêt de moi. Ce dernier se tourna vers moi, désemparé, il était simplement en train de lire un vieux journal qui devait être là depuis des décennies.
L'homme d'une cinquantaine d'année, quelque peu bedonnant, les cheveux clairsemés, me lançat un regard mauvais, attendant des explications et certainement des excuses.
- Bonjour, dis-je une pointe d'agacement dans la voix.
- Qu'est-ce que vous faites ici ? rétorqua-t-il froidement.
- Je suis venu vous parler, c'est plutôt évident.
- Je n'ai aucune information sur la raison de la panne, je peux simplement vous dire d'attendre. Maintenant sortez ! Aboya-t-il.
Quelle agressivité ! S'il pense me faire peur de cette manière, il risque d'être déçu. Je ne vais pas vous cacher que j'aurais bien apprécié un peu de courtoisie, même venant de ce bougre.
Agacé par son impolitesse, ma patience commença à se fissurer. Moi qui ai pour habitude de ne côtoyer que des personnes polies et respectueuses malgré une certaine touche d'hypocrisie, j'ai perdu l'habitude de ce genre d'interaction. C'est peut-être pour ça que la dernière personne qui m'a manqué de respect a perdu son bras gauche. Bon, il est vrai que ce n'était pas exactement pareil et que ce mec, totalement défoncé venait d'arracher le rétro de ma voiture, mais c'est du pareil au même.
Je repris donc d'un ton plus sec, un air menaçant sur le visage.
- Je ne suis pas là pour cela, je suis venu vous demander de ma manière polie, de m'ouvrir une porte. Je suis pressé et je dois sortir maintenant, pour ne pas être en retard.
Cette fois-ci, il me rit littéralement au nez.
- Je ne vous ouvrirais pas de porte ! Etes-vous fou ? C'est dangereux de marcher sur les voix et en plus c'est interdit ! Le dernier qui s'y est risqué est mort en moins de deux minutes.
Il m'a répondu comme s'il était offusqué par ma demande. Le fait qu'il se moque de moi de cette manière ne me réjouit pas mais bon, de toutes manières, ce n'est pas le refus d'un simple humain qui va m'empêcher d'arriver à mes fins. Je suis encore en possession de mes capacités même si je sens déjà qu'elles déclinent. Je peux encore facilement hypnotiser ce vieil homme. Mes yeux prirent la teinte plus claire et le chauffeur, apeuré par ce changement soudain devint livide.
Il m'avait certainement prit pour un gamin immature avec cette apparence. Il devait penser comme la plupart des gens que je croise que je porte des lentilles et une coloration, alors que c'est en réalité tout ce qu'il y a de plus naturel. Je fais partie de ces créatures avec des caractéristiques différentes qui ne font aucuns efforts pour se fondre parmis les humains. Ce n'est pas parce qu'ils sont majoritaires que l'on devrait tous se calquer sur eux. Surtout que j'aime l'air que ça me donne.
Je me penchais vers lui, le surplombant de toute ma hauteur et fixais durement mon regard au sien puis répétais mon ordre.
- Ouvrez la porte.
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Mélange Incertain
FantasyVampires et métamorphes cohabitent avec les humains dans un demi secret, dans une harmonie somme toute relative. Mais lorsqu'une organisation fantomatique menace la vie d'individus sans raison apparente, une équipe voit le jour pour enquêter. Atenti...
