II : Un déchainement de violence

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J'ai la sensation que des griffes me transpercent profondément la cheville. Je serre les dents. Un son rauque sort de ma gorge. La douleur me transperce, mais je ne veux pas montrer de signe de faiblesse. J'essaie tant bien que mal de me raccrocher à quoi que ce soit, mais l'individu est bien trop fort et tous mes efforts sont vains. Je ne réussis même pas à discerner la personne, l'endroit étant tout à coup devenu sombre et froid. Je ne vois qu'une grande masse cachée par une immense cape noire.

Une panique sourde commence à monter en moi et je redouble d'efforts pour que l'individu me lâche, mais il n'eu qu'à resserer sa prise sur ma cheville pour que je me torde de douleur. Je ne pu retenir un cri. Un cri de douleur, de peur, d'incompréhension. 

En quelques instants à peine, je me retrouvais dans ce qui s'apparentait à un placard à balai, un cagibi sans fenêtre.


La porte se referma sur le peu de lumière qu'il restait sans que je n'ai pu distinguer autre chose que cette silhouette encapuchonnée et une seconde présence derrière la porte. La pression sur ma cheville se relâcha, mais tandis que les griffes se retiraient de ma chair, la douleur n'en devient que plus intense. Dès que je fus « libéré », je me plaquais contre le fond de la pièce, ne distinguant rien et n'entendant plus que ma respiration haletante. Mon cerveau tournait à toute allure. Je ne suis pas quelqu'un de facilement impressionnable et j'ai l'habitude de me battre, mais l'aura que dégagent ces deux personnes est si sombre qu'elle terrace la moindre petite étincelle de courage qui pourrait naitre dans mon coeur.

Qui sont ces personnes et surtout qu'est-ce qu'elles me veulent ?

Des lycéens ? Aucunes chances, j'ai une réputation qui me précède et ils ne dégagent pas ce genre d'aura.

Des prêteurs sur gages à qui ma mère aurait fait appel sans m'en parler et à qui elle devrait de l'argent ? Impossible, ils auraient attendus que je sorte et ma mère en est incapable.

Ou alors des raquetteurs ? Tout le monde sait que je suis le mec le plus fauché de ce bahut, si ce n'est pas du village et personne ne ferait ce genre de chose dans l'enceinte même du lycée.

Sans que je ne puisse réagir, encore en train de réfléchir et tétanisé par la douleur et l'incompréhension, je fus à nouveau tiré violement au milieu de la petite pièce et ma tête claqua lourdement contre le sol m'arrachant un râle de douleur. Puis une brulure atroce m'incendia le ventre avant que je ne sente mes entrailles être comme lacérées. La douleur me coupa le souffle, je suffoquais sans pouvoir hurler. Mais mon cri mourut dans ma gorge et je serais les dents, les larmes aux yeux, incapable de reprendre mon souffle. Je me recroquevillais instinctivement, les mains sur mon ventre où se répandait un liquide poisseux et chaud. Tétanisé par la douleur et la peur, la tête sur le point d'exploser sous la pression de la douleur et du manque d'air, je toussais maintenant une bile sanglante.

Un instant plus tard je me sentis fiévreux. Un mal de crâne me prit subitement et mes yeux eurent de plus en plus de mal à rester ouvert. Soudain, une main glaciale entoura mon cou. Elle était tellement grande qu'elle recouvrait entièrement ma nuque et ma gorge. C'est alors que le haut de mon pull fut arraché d'un coup sec, dégageant la peau de mon cou et le haut de mon torse. Un souffle tiède près de mon visage me fit frissonner d'une terreur dégoutante. Ce fut comme un déclic et ma gorge se délia me permettant de pousser un cri d'horreur teinté de haine alors que je repoussais violement l'homme avec le peu de force qu'il me restait. Je suis si faible face à ces gens. Je ne m'en sortirais jamais seul.

Avant même que je ne pu me redresser, une vive douleur dans le cou me cloua sur place. Des dents paraissant plus longues que de nature se plantèrent dans la peau tendre de ma gorge et m'arrachèrent une plainte de souffrance. Je sentis le sang se rependre dans mon cou en un filet chaud et l'odeur métallique m'emplit les narines. Mes cheveux ne furent pas épargnés par ce filet rougeâtre et brulant qui se répandait à n'en plus finir. Mes yeux s'écarquillèrent de souffrance, mais une fois de plus, mon cri ne dépassa pas mes lèvres.

Un inconnu a la tête dans mon cou, cette partie si sensible, si intime et un dégout puissant me tord les tripes. Je sentis mon sang être aspiré et la langue rugueuse de l'homme lécher ma peau blessée. La pression finit par se relâcher tandis que ma tête retombait lourdement sur le sol gelé. Alors que la douleur ne faisait plus qu'un avec mon corps, cette répugnance étrange ne me quittait plus.

Une brulure ardente s'ajouta au supplice que me cosait déjà mes blessures au niveau de toutes mes plaies ouvertes. La douleur cuisante ne fit qu'augmenter. Je sentis comme un venin ardant se répandre dans mon corps. Chaque veine parrassait se consummer et je me raidis sous la douleur.


La douleur est trop intense, la peur trop présante. Tout devient encore plus noir. Je perdis connaissance, mais continuais de ressentir tous les supplices qu'enduraient mon corps. 

J'ai chaud, je transpire abondamment. La fièvre monte et bientôt mon corps endolori est secoué de tremblements. Des soubresauts violents me transpercent. Et alors que je pensais ne pas pouvoir souffrir davantage, que mon agonie me semblait avoir atteint son paroxysme, une douleur lancinante contracta ma mâchoire. J'avais la sensation horrible que mes dents se faisaient arracher. Et c'est alors que deux pointes cuisantes se plantèrent dans ma lèvre inférieure. La douleur me fit l'effet d'une lame cuisante et un hurlement déchirant me brisa la voix.

Avant de sombrer pour de bon dans l'abime, j'entendis des mots chuchotés à mon oreille : « Bonne chance Jayden », puis des rires firent trembler mon âme avant un dernier « adieu » qui résonna d'une voix désincarnée.

... Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? 

Mélange IncertainOù les histoires vivent. Découvrez maintenant