Chapitre 13 : Le secret de l'Etoile Flamboyante

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L'astrophysicien Jean-Philippe Terralia et Jacques Estregnol, le directeur du CNES de Toulouse, semblaient tous deux un peu perdus dans la salle du poste de commandement baptisée "PC Jupiter", située en profondeur dans les sous-sols de l'aile Est du palais présidentiel de l'Elysée. Ils se tenaient assis parmi des huiles du gouvernement, autour d'une grande table ovale truffée d'écrans plats. Derrière eux, des ingénieurs s'affairaient sur les pupitres de leurs ordinateurs.

Sur les murs, tout autour du PC, de gigantesques écrans affichaient des graphiques compliqués. L'un d'eux était réservé à la surveillance en temps réel des quatre météores toujours en orbite autour de la Terre. Un autre écran montrait une image vidéo de ces quatre objets insolites, filmés par les caméras d'un satellite militaire dont on avait expressément changé l'orbite afin qu'il s'approche aux plus près de ces intrus.

Mais l'écran qui focalisait le plus l'attention des nombreuses personnalités présentes dans le PC était celui représentant la carte de France et la zone d'impact de la première météorite. Un militaire, à l'uniforme placardé de prestigieuses décorations, faisait les cent pas sous les écrans, le téléphone portable collé à l'oreille.

Un petit homme, le crâne chauve et l'expression bon enfant, était assis, mains croisées sur le ventre, au bout de la table ovale occupant le centre de la pièce. Il écoutait attentivement les dernières informations que lui transmettaient plusieurs personnes en costume-cravate assises à ses côtés. Ces gens semblaient choisir avec beaucoup de soin les mots qu'ils utilisaient. Ce n'était pas tous les jours qu'ils avaient l'occasion de s'entretenir avec le Président de la République en personne.

Beaucoup moins formaliste, le général quatre étoiles Hubert de Carolis, qui usait à côté d'eux la moquette sous ses pas énervés, raccrocha enfin son portable et fonça droit vers le Président, sans se soucier de la personne qui était en train de lui parler.

– C'est confirmé, monsieur le Président : à l'altitude où sont situés ces météores, il nous est impossible d'effectuer une interception avant au moins quatre jours. Et encore, si nous obtenons une fenêtre de tir favorable... Par contre, avec un missile, cela ne poserait aucun problème...

– Général, je vous ai demandé de les intercepter, pas de les descendre ! En parlant de descente, sait-on enfin quelle serait la zone d'impact la plus probable ? demanda le Président de sa voix fluette. Jacques ? Votre avis ?

Le directeur du CNES de Toulouse se gratta la gorge, cherchant une réponse appropriée. Comment deviner à quel moment l'un de ces foutus cailloux allait se décider à chuter sur Terre ? Et pourquoi le ferait-il ? Aucune des observations faites par les satellites les plus proches n'avait pu détecter la moindre trace de technologie à bord de ces météores. Rien ne permettait de savoir s'il s'agissait de véhicules spatiaux ou de simples pierres. Rien, sauf le fait qu'une pierre ne décide pas toute seule de changer de trajectoire à l'approche d'une planète, pour ralentir et venir se mettre en orbite autour d'elle...

– Il n'en sait foutrement rien, grogna le général !

– Hubert ! le tança gentiment le Président. Laissez-lui le temps de s'exprimer, tout de même !

– Nous surveillons le moindre changement de comportement de ces objets, monsieur le Président, mais pour l'instant, rien n'indique qu'ils ne vont pas rester en orbite d'attente...

– Donc, aucun moyen de savoir s'ils ne vont pas tout à coup nous tomber dessus ?

– Nous ne devons pas laisser une telle menace planer au-dessus de nos têtes. La sécurité du pays est en jeu. Dois-je vous rappeler la puissance d'un impact direct sur l'une de nos installations militaires, ou pire, sur une de nos centrales nucléaires, monsieur le Président ? fit le général d'un ton empreint de gravité.

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