Chapitre Cinquième

61 2 0

Quelques jours s'étaient écoulés depuis l'incident du restaurant, et Enora avait fini par oublier, ou du moins s'était calmée. La nuit, elle travaillait chez elle pour éviter de croiser Loïs et sa ridicule manie de venir au bureau après le soleil. Un soir, alors qu'elle sortait du travail un peu plus tard que d'habitude, ayant été retenue pour une affaire importante, elle s'arrêta net devant la porte. Adossé au mur d'en face, Loïs semblait l'attendre, l'air rêveur. Elle tourna immédiatement en espérant qu'il ne la verrait pas, mais à peine l'eut-elle souhaiter qu'il se trouvait devant elle. Surprise, elle recula et manqua de tomber, avant de reprendre ses esprits.

- Bonsoir... dit-il, doucement.

Elle le regarda sans répondre. Elle sentait que si elle parlait, ce serait pour lui dire de partir, ou qu'elle aurait une voix suraïgue. Elle voulait entendre ce qu'il avait à dire, alors elle se tut. Comprenant l'invitation, Loïs saisit sa chance.

- Tu me manques, disait-il, je comprends que tu sois en colère, mais ne plus me laisser te voir été la pire punition que tu pût m'infliger.

Elle voulut lui dire que ce n'était pas une punition. Qu'elle voulait se tenir à l'écart de lui pour se protéger. Au lieu de ça, elle lança un méprisant:

- Comment veux-tu que je réagisse quand j'apprend que mon petit ami est suivi par une folle furieuse, qui pourrait être sa femme?

- Alors tu me considères comme ton petit ami? Demanda-t-il avec espoir, n'ayant pas retenu le reste de la phrase.

- Considérait! S'écria-t-elle en sentant le sang lui monter à la tête. Maintenant elle voulait le fuir, elle savait qu'elle ne lui résisterait sans doute pas s'il demandait une seconde chance.

La rousse essaya d'avancer en le contournant, mais il l'a retint. Elle frissonna au contact de cette peau lisse, douce et brûlante, alors même que le propriétaire de cette main la suppliait d'un regard fiévreux, empli de désir. Elle sentant qu'il la voulait, seulement elle, elle le comprit aussi bien que s'il le disait lui-même. Et elle le voulait aussi, oh Dieu qu'elle le voulait! Pourtant, elle le repoussa en retirant sa main.

- Si je te manquais tant, pourquoi ne pas être venu me chercher plus tôt? Siffla-t-elle.

- Tu partais avant que j'arrive, c'était pour m'éviter, n'est-ce pas? Quand j'ai compris ça, j'ai essayé de respecter ton souhait. Mais je ne pouvais plus attendre.

Il est vrai qu'Enora se sentait flattée, mais sa rancune était plus forte que son égo.

- Et bien... Si tu as attendu plus d'une semaine, tu peux bien attendre encore.

Elle le planta sur le trottoir, rentrant à son domicile. Elle fut un peu déçu qu'il ne la poursuive pas plus longtemps, mais c'était elle qui le lui avait demandé, alors elle fit comme si de rien n'était. Une fois rentrée, elle ne put absolument pas trouver le sommeil, et passa une nuit blanche, à travailler.

Emma s'habillait, quand la musique de son téléphone se coupa. Elle chercha la cause de cette arrêt, et constata qu'on l'appelait. Décrochant, elle se demandait de qui il pouvait s'agir, si tôt dans la matinée.

- Emma! Allume tout de suite ta télé!!

Elle reconnut la voix d'un de ses plus vieux amis, Vincent, qui travaillait dans un journal Milanais.

- Salut Vince'. Qu'est-ce qu'il se passe? Demanda-t-elle en se saisissant de la télécommande.

Elle resta sans voix devant les images qui l'attendaient. Sur toutes les chaînes, on voyait un bâtiment scolaire enflammé, et détruit. Elle connaissait cette université, puisque son père y travaillait. Il lui fallut quelques secondes pour se reprendre.

- Vincent, je te rappelle...

Elle contacta le bureau de son père pour avoir des nouvelles, mais personne ne répondit, et elle dut appeler la police. On l'informa qu'il était en ce moment même transporté en soins intensifs.

LinéaireLisez cette histoire GRATUITEMENT !