Chapitre 1

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Ça faisait une demi lune que je me promenais, seule. J'avais maintenant 8 lunes et demi plus quatre jours exactement. Pour les heures, minutes et secondes, j'avais perdu le compte...

La ville était vaste, je croyais bien m'être perdue... Mais comment le savoir? J'avançai avec prudence sur le petit chemin de foudre qui se tenait devant moi. Mes anciens maitres appelaient ça une "route" ou une "rue". Drôle de mots! Mais bon, maintenant, je n'avais plus rien avoir avec eux, ces Bipèdes!

Un grondement s'éleva soudain, et je traversai le chemin juste à temps. Une fumée suffocante traînais derrière le monstre et je me mis à tousser quand le vent l'emmena vers moi. Je m'ébrouai avec dégoût. Comment ces créatures pouvaient-elles supporter cette puanteur? Le paysage devint plus accueillant. Des milliers de maisons s'étendaient devant moi. Je dévalai la colline qui me séparait d'elles d'une foulée légère. Ici, plus rien ne me retenais. L'odeur alléchante de nourriture me fit saliver. Un rat fouinait à quelques longueurs de moi. Je rampai jusqu'à lui et d'un bond prodigieux, l'attrapai. Mais il se dégagea facilement et partit en couinant. Zut! Exaspérée, je soupirai. Comment pourrais-je trouver à manger par ici?

Je me retournai soudain. J'avais entendu un bruit. Il se répéta deux et trois fois. Puis une ombre jaillit d'un coin de maison. Elle bondit sur moi et me plaqua au sol. Le souffle coupé, je poussai un grognement et me débâtit avec peine. Je parvint à lui griffer le flanc. Je pouvais distinguer la fourrure noire de mon adversaire. Il avait un collier mauve constellé de dents de chiens et de chat. Il enfonça furieusement ses griffes dans mon épaule. Je gémis avant de me dégager et de lui sauter à la gorge. Il me repoussa sans mal et miaula d'un voix forte mais jeune:

- Alors comme ça, on me vole du gibier?

- Je prend ce que je veux! Rétorquais-je.

Il me lança un regard amusé, mais agressif. Une folie noire brillait dans ses yeux velu glacés.

- Je vois que tu ne me connais pas. Tu es nouvelle par ici?

- Pourquoi devrais-je connaître tous les chats que je rencontre?

Il s'approcha de moi, tellement que nos fourrures se touchèrent.

- Je pourrais te tuer... Pourtant, je ne l'ai pas fait... Murmura-t-il, sans chaleur.

Puis il ajouta:

- Quel est ton nom?

Je réfléchis un instant avant de miauler:
- Fleur du Chaos. Toi?

Il recula vaguement, me regarda dans les yeux puis dit:
- Fléau.

Ses yeux bleus reflétaient tant de douleur, de haine et de folie, que j'avais envie de déguerpir. Mais non. Je restai plantée là, à l'observer. Le mal brulais dans ses prunelles. Je le voyais bien. Et lui voyais celui qui luisais dans les miennes.

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