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Heureusement que j'ai énormément de respect pour Bachir Sangaré sinon cette situation ne me convient absolument pas. C'est vrai que Sada est sa nièce, voilà c'est sa petite protégée et il lui porte double affection. Je sais que c'est parce que c'est la fille de son défunt frère, il n'a pas manqué de me faire savoir à quel point elle compte pour lui lors de notre mariage lorsqu'il m'a choppé sur le balcon de sa maison pour une discussion "entre hommes". Clairement je m'en souviendrais toute ma vie je crois, il m'a menacé et m'avait dit que si je lui faisais le moindre mal qu'il n'aurait aucune pitié pour moi.
J'essaye de le comprendre en me mettant un peu à sa place et je prends ça normalement, il a ses raisons et je respecte ça. Mais Sada elle reste ma femme, une fois que je l'ai épousé il n'a plus aucun droit sur elle. Je n'étais pas d'accord avec le fait qu'il veuille qu'elle vienne chez lui, mais puisque le médecin était du même avis et tout le monde d'ailleurs, j'ai accepté et aussi par respect comme je l'ai dis...

J'ai tellement hâte qu'elle retrouve la mémoire et que tout redevienne comme avant... Je sais aussi que si ça arrive il y aura des comptes à régler avant, je ne sais pas ce que l'autre petasse lui a dit avant qu'elle ne la pousse dans les escaliers. Et de toute façon je ne compte rien lui cacher et lui dirait toute la vérité, dans l'espoir qu'elle me pardonne évidemment...

... - Amane tu ne mange pas, ça va ?

Je souris à la grand-mère de Sada qui m'a sorti de mes pensées. Je n'aime pas être dans cette ambiance, je déteste être avec du monde, enfin bon c'est pas comme s'il y avait pleins de gens. Il n'y a que la famille quoi qu'elle reste assez grande. Je n'ai même pas envie de manger en plus, je me suis joint à table pour ne pas créer plus de tension qu'il y en a déjà avec tonton Bachir.
Je tourne la tête et croise le regard de ma femme.

- Ça va ? Quand tu te sens fatiguée n'hésite pas à me le faire savoir.

Elle hocha la tête et continua sa discussion avec sa sœur et Aida. Après le dîner, nous étions dans le salon de l'étage entre jeunes entrain de parler, ils parlaient plutôt, moi j'ai pas la tête à trop parler.
Je me contentais d'écouter et de lancer quelques regards à ma femme, elle s'est assise avec Djena. Je sais qu'elle ne se sent pas à l'aise avec moi parce que je suis comme un étranger pour elle. À l'hôpital je l'ai très vite remarqué donc j'ai aussi pris mes distances un peu, même si c'est chiant parce que je veux être avec elle. Je veux juste retrouver cette complicité d'avant. Aatifah au delà du fait que c'est ma femme, j'avais ma meilleure amie en elle sans mentir, c'est vraiment la seule à qui je peux me confier à cent pour cent. Moi même je n'ai jamais compris la facilité avec laquelle j'étais ouvert à elle alors que ce n'est pas ma nature. D'ailleurs j'ai arrêté de me poser la question.

Aida - Ça ne marche pas comme ça, vous aimez trop faire les fiers dehors. Alors qu'à la maison on sait très bien qui tient qui.

Oumar - Mdr ma chérie, ce n'est pas une question de tenir. C'est très simple, l'homme reste l'homme du couple et la femme elle reste à sa place de femme. Sans penser à une quelconque discrimination bien sûre. Je ne suis pas de ceux qui pensent que vous devrez simplement vous soumettre. C'est naturellement dans le cadre du débat.

Izak - Exactement. C'est tout, rien à ajouter.

Djena - Pardonn ? On va clôturer ça sur le fait qu'on vous laisse vous la faire. D'accord faites les fiers hein, on est dehors et en groupe. Voilà vous êtes les hommes avec le grand H et c'est vous qui décidez. il n'y a aucun problème. Mais peu importe, la réalité reste la même et vous la connaissez très bien.

Tcherno - Perso moi je ne vois pas de débat à faire ici. On est quitte mais j'ai l'autorité sur ma femme et si elle déraille je vais très bien la ramasser, c'est tout.

Braise de feuOù les histoires vivent. Découvrez maintenant