Partie 7

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Depuis le décès, les parents d’Ali sont restés au Maroc. Eux aussi avaient besoin de temps pour guérir leurs plaies. Il m’arrivait de leur parler au téléphone pour essayer de garder contact avec eux. Ali l’aurait voulu aussi.


Pour les 40 jours, ils nous invitèrent à Essaouira, pour une nuit à la mémoire de mon amour. C’était un vendredi, toute la famille d’Ali était présente. Ses oncles, ses tantes, ses cousins, ses amis, même ceux qui vivaient à l’étranger. Ils étaient tous là pour lui. Après la prière du vendredi, nous nous sommes dirigés au cimetière. J’espérais qu’en revoyant sa tombe, les larmes couleraient enfin pour que je puisse faire mon deuil, mais en vain. Arrivée au pied de sa tombe, j’imaginais son corps et son visage, je sentais ses caresses, et son odeur, comme s’il ne m’avait jamais quitté. Je sentais sa présence en moi, et ça me calmait, et encore une fois, pendant un instant j’ai cru le voir. Je me suis évanouie.
Quand j’ai repris conscience, j’étais allongé sur son lit, je n’arrivais toujours pas à ouvrir les yeux, mais j’entendais la voix de ma mère qui disait que c’était dû au manque de sommeil, et parce que je ne mangeais rien aussi. J’ouvre les yeux, et une odeur de nourriture pénètre mes narines. J’ignorais son origine, mais elle m’était insupportable. Je me suis surprise à courir vers les toilettes, mains sur le ventre, vomissant comme je ne l’avais jamais fait. Je relève ma tête, surprends reflet au miroir, mon cœur se serre, et me yeux criait la vérité : J’étais enceinte…

 Le temps d’une seconde, le monde s’est arrêté autour de moi, je le sentais en moi, le fruit de mon amour, et pour la première fois depuis la mort de Ali j’ai pleuré.. de joix. Ali m’a laissé le plus beau des souvenir : son enfant.
En me ressaisissant, je retrouve ma mère derrière la porte entre ouverte, elle avait tout vu et savait ce que ça voulait dire. Pendant un instant, j’ai cru voir dans ses yeux une joie profonde, mais son regard à la fois choqué et déçu me disait tout.

Je connaissais mes parents, même avec tout l’amour qu’il me portait ils n’auraient jamais accepté mon enfant, pour eux c’était un bâtard, même si Ali et moi étions fiancés. Nous avons quitté Essaouira dans l’après-midi du samedi. Pendant tout le trajet, on ne parlait pas. Mon père pensait que je faisais mon deuil, ma mère quant à elle était plongé dans ses pensées.

Farah livreuse de pizzaLisez cette histoire GRATUITEMENT !