1. La fin de toutes choses.

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Début de rédaction : 28/10/2019

Je meurs.

Toutes les histoires ont un début et une fin, enfin je trouve un aboutissement à mon voyage.

Trop de fois, nous tentons de faire face à un final incertain. Nous l'idéalisons, nous le vivons en fermant les yeux. J'aimerais voir une fin, mais pas n'importe laquelle. Cette fin qui serait un aboutissement de tout ce que nous avons vécu jusqu'ici, une fin belle et heureuse. Mais le voyage arrive à son terme, j'ai trop souvent gardé un œil sur ce départ, j'ai trop longtemps songer à l'arrivé, mais je n'ai jamais contemplé le trajet, celui qui m'a mené jusqu'ici...

Il s'en est passé du temps.

Depuis cette nuit à Winnipeg, où nous nous sommes croisés, détesté, puis aimé. Depuis la France, où nous nous sommes retrouvés, désirés et sauvés... Je n'oublierais pas.

Jamais les étoiles n'ont brillées autant que cette nuit, une belle soirée pour faire sonner mon glas. Je bascule, le poids de mon corps m'entrainant dans cette eau glaciale paralysante. Les bruits sourds à la surface, je n'y fais même plus attention. Après ces dernières semaines, il ne reste de moi qu'une coquille vide, il m'a tout pris.

Mais alors que je plonge dans les profondeurs abyssales, je ne lutte plus. Rien aujourd'hui ne me retient à cette vie, entrainée par ces poids que je traine tels des boulets : les remords, la tristesse, le déni, mais aussi le corps sans vie que je serre entre mes bras. Mais je peux bien l'accompagner un peu plus loin dans les ténèbres, désormais plonger ensemble ne semble plus un problème, nous y étions préparés depuis longtemps.

De nombreuses fois je me suis battue pour ma survie, j'ai espérée entrevoir ma liberté, m'enfuir, mais j'ai été frêle et naïve.

Les faibles, comme toi, ne choisiront jamais la façon dont ils mourront, voilà ce que l'on m'a répété constamment, et ils avaient raison.

Ainsi, vaincue, je me laisse emporter.

Du blanc voilà ce qui m'entoure, une douce chaleur m'enveloppe alors que mes yeux se ferment pour la dernière fois. Combien de semaines se sont écouler ? Combien de jours ai-je lutter ? Combien de temps ai-je espérer pouvoir survivre sans lui ? Combien d'heures ai-je pleurer ? Pleurer celui que j'aimais et que l'on m'avait arraché. Sans lui la vie n'en vaut plus la peine. Croire que nous aurions pu vivre ensemble paisiblement fut ma plus belle erreur.

Être avec toi, pendant ces courtes années, j'ai appris à chérir et apprivoiser mes sentiments, j'ai appris ce qu'est le sacrifice pour un être cher, et ça, je ne le regretterais jamais. C'est terrible, je ne perçois même plus ton sourire, ni ta voix, ni cette océan glacial réconfortant que sont tes yeux, je n'ai que pour seule et dernière image ton sang se rependant sur le sol, immaculant mes mains. Mais aujourd'hui je m'apprête à te rejoindre, je ne suis plus qu'à quelques pas de toi, tu m'attends de l'autre côté.

James... Cette souffrance a assez durée. Je ne veux plus résister. Je ne veux plus fermer les yeux et être hantée par ton visage inerte.

Je ne mérite plus de vivre, pas après tout ce que j'ai fait. J'ai haïs, j'ai tué et je n'ai pas regretter. Aveuglée par des promesses, torturée par des paroles et sourdes face aux suppliques que l'on me lançait. La vie était jusqu'à il y a peu le plus beau des cadeaux. Mais elle a perdu sa saveur à l'instant où tu es mort, à l'instant où j'ai trahis, à l'instant où j'ai tué.

Voilà que je perçois la fin, l'issue de mon voyage, à mesure que mes poumons se gorgent d'eau.

Je sens les bras de l'au-delà m'étreindre, cette chaleur qui m'a tant manqué, je suis prête à accepter mon sort et voilà qu'un ange vient m'accueillir, je veux le suivre.

Je sais que tu es là, tu viens m'enlacer et nous nous laissons entrainer dans cet infinie douceur qu'est la mort.

Tout s'achève ici. 

Until I Found You T3Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant