Survivant ?

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Interrogatoire de Roméo Ladir, effectué à l'hôpital psychiatrique de Butterbury, par l'officier Morné :

Officier Morné : bonjour Roméo, je m'appelle Auguste Morné, enquêteur de la Police de Butterbury. Comment allez vous ?
Roméo Ladir : [silence]
M : notre interrogatoire est enregistré. Il sera utilisé lors du procès de Hugué
L : [la victime commence à trembler et à pleurer]
M : je sais ce que vous avez vécus Roméo. Je suis désolé. Vous avez bien fait de portez plainte. Cette personne n'a pas sa place dans la société.
L : vous savez ce qui m'est arrivé parce que vous avez lu le compte rendu du médecin ? Ou vous l'avez vu dans le journal ?
M : les deux Monsieur Ladir, ce-
L : c'est dégelasse ! Le secret professionnel dans tous ça ? Dite moi comment je vais pouvoir reprendre une vie normale ? Je ferai tout aussi bien de porter plainte contre vous et ce putain de journal ! Comment je suis censé vivre maintenant ? Mon nom, ma photo, mon calvaire. Exposés au yeux de tous le monde ! Comment... je ne peux plus vivre ! Le regard des autres ? J'aurai... J'aurais su... j'aurais préféré crever tiens ! Société de merde !
M : je comprends totalement votre -
L : vous comprenez monsieur Morné ? Vraiment ? Vous a t'on torturé pendant des jours, violé, déshumanisé et humilié par les médias ? Suis-je une victime ou... On va se foutre de ma gueule pour le reste de ma vie et lui, des types sur Internet vont l'admirer ! Voilà dans le monde dans lequel on vit !
M : il finira sur la chaise. Enfin injection létale. Votre témoignage le fera plonger. Vous serez un héros. Le statut de victime n'est pas une honte, votre témoignage fera de vous un héros.
L : vous n'avez pas besoin de mon témoignage, les flics, vos balances, ils ont vus. Ils m'ont sorti de l'enfer. Alors -
M : on a besoin de savoir ce qu'il t'as fait. Pas de comment on t'a enlevé de ses griffes...
L : ce qu'il m'as fait ?! Le compte rendu du médecin n'est pas suffisant ? Je... Ça va encore se retrouver dans le journal ? Vous commencez à me faire chier ! Je suis en hôpital psychiatrique pour une raison merde ! Je veux dormir ? Vous savez ce que c'est que de ne pas dormir, de vomir, de sentir votre corps ne plus vous appartenir ? Les cauchemars quand vous arrivez à dormir ? Vous avez vu mon putain de traitement ?! Je suis malade ! J'aurai pas dû porter plainte ! Je veux dormir ! Dormir ! Merde à la fin !
M : je vous promets que tous restera entre nous... Pour l'instant car lors du procès, les médias seront présents et votre calvaire sera exposé aux publics. Vous avez raison... Je ne peux pas comprendre, je peux essayer. Ce qui vous est arrivé est terrible... Inhumain. Faites le pour les autres potentiels victimes. Roméo vous êtes un héros, des familles comptes sur vous... Vous pouvez faire tomber cet homme encore plus bas. L'envoyer en enfer.
L : je suis fatigué. Tellement... Il faut, je le sais, que je témoigne pour les autres victimes... Il... Il est le responsable des autres disparitions.
M : comment en êtes vous sur ?
L : il m'en a parlé. Comment il « dressait » ces pécheurs. Et surtout, il garde... gardait des trophées. Des photographies... des objets personnels.
M : où gardait-il ses trophées ?
L : dans la cave, dans sa salle de torture. Une sorte d'autel religieux. Il bénit à coup de poing. L'enflure. Une grande armoire où il garde des vêtements, des bijoux, des dents, des photos... D'autres trucs.
M : je confirme votre témoignage sur les photographies et les objets personnel des victimes pour l'enregistrement. Nous les avons retrouvés dans cette armoire dans la cave.
L : [silence]
M : Maintenant... Il va falloir parler de ce qu'il vous a fait... Si vous ne vous sentez pas prêt je comprendrai. Votre témoignage est important. Il ne reverra pas la lumière du jour si vous dite ce qu'il vous a fait... Peut-être voulez vous parler avec une femme ?
L : Honnêtement... je ne crois pas avoir la force de vous en parler maintenant... j'ai besoin de repos. Beaucoup de repos. D'en parler avec des... thérapeutes.
M : sur... Bien sur. M'autorisez vous à parler avec vos psychiatres et psychologues ?
L : ils ne savent pas grand chose. J'en ai très peu parlé encore avec eux... Est-ce que écrire une... lettre pourrait vous aidez ?
M : ce pourrait être utile oui. Ne serait-ce que cette lettre, si vous l'écrivez aussi tôt que possible, pourra vous aidez à ne pas oublier les horreurs qu'il vous a fait... Pour le procès, il vous faudra témoigner devant la Cour. Vous aurez le temps de... vous reposer et de préparer cette épreuve.
L : je pense que c'est une... Bonne idée. J'ai besoin de repos, d'essayer de me reconstruire... Pour l'instant. Je vous ferai votre lettre dans les prochains jours. Pouvez vous parlez de notre discussion avec mes thérapeutes ? Je n'ai pas envie d'en reparler pour l'instant.
M : vous me l'autorisez ?
L : oui... oui.
M : très bien, merci beaucoup de votre aide Monsieur Ladir. Encore désolé pour tout... Je vous trouve courageux. Très.
L : [silence]
M : Au revoir. J'attends votre lettre. Cachetez là et envoyez là moi à l'adresse du commissariat de Butterbury. Courage Monsieur Ladir... les gens ne vous voit pas comme une victime Roméo, mais comme un héros. Quelqu'un qui fera tomber un monstre.
L : [la victime reste dans son mutisme.]

Fin de l'interrogatoire de Roméo Ladir par l'inspecteur Morné.

Notes personnelles de l'inspecteur Morné

Interrogé docteur Kwali, psychiatre de Roméo Ladir.

Roméo souffre de grave stress post traumatique, anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères sous hautes doses. Visites quotidiennes des psychiatres psychologues et d'infirmiers. Graves problèmes de sommeils, crises de paniques et d'angoisses multiples. Docteur dit que le traitement n'est pas encore effectif. Attendre une semaine ou deux puis révision du traitement si symptômes diminue ou s'aggrave. Médecin table pour une stabilisation.
Parle très peu. Pleure beaucoup. N'accepte pas le contact physique. Terreurs nocturnes. Hyper sudation au réveil. Fatigue intense lié aux traumas, stress, médias ect... 
Visite de la famille : père souvent. Mère moins.
Leur parle très peu.

Averti le docteur d'aider Roméo à envoyer sa lettre.

Le son des clochesLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant